Aller au contenu

L’échographie permet-elle de repérer une hernie crurale ?

Relu par Antoine Bouquet
Un médecin effectue une échographie de la région inguinale sur un patient allongé en cabinet médical.

Une bosse dans l’aine qui sort quand vous toussez, puis disparaît au repos : il y a de quoi vous inquiéter, à juste titre. Mais vous ne savez pas toujours quoi faire ensuite, ni si un examen d’imagerie en vaut vraiment la peine.

On regarde ensemble ce que l’échographie montre, ce qu’elle peut rater et ce que le Doppler apporte en plus.

Hernie crurale et échographie, les signes visibles à l’examen

Déroulement de l’échographie de l’aine

Devinez quoi ? L’échographie peut repérer une hernie crurale. On l’appelle aussi hernie fémorale. Elle se voit surtout quand elle est petite, qu’elle n’apparaît que par moments ou qu’elle est difficile à sentir sous la main.

Vous êtes en général allongé, parfois debout. Le radiologue pose sa sonde sur l’aine et la racine de la cuisse, des deux côtés si besoin, pour comparer les images.

L’examen ne se limite pas à une image au repos. On peut vous demander de tousser, de pousser comme pour aller à la selle, de lever les épaules ou de contracter le ventre. Ces gestes font monter la pression dans l’abdomen. C’est souvent là que la hernie se montre.

Signes échographiques recherchés

Le radiologue cherche surtout un passage anormal de graisse, de liquide ou d’une portion d’intestin à travers le canal fémoral. Parfois, ce passage n’est visible que pendant la poussée.

À lire aussi :  Pratiquer l'emdr soi meme : bienfaits et réels dangers

Deux éléments orientent vers une hernie crurale.

  • Le premier est un sac herniaire, une poche qui traverse la paroi et contient parfois de la graisse ou de l’intestin.
  • Le second est un va-et-vient : le contenu descend pendant la poussée, puis remonte au relâchement.

Il observe aussi si la masse disparaît quand vous vous allongez ou quand la pression cesse. Une hernie qui rentre ainsi est dite réductible.

Interprétation et limites de l’image

Une échographie positive montre une anomalie compatible avec une hernie. Elle précise en général le côté, la place de la hernie, son contenu et si elle rentre ou non.

Une échographie normale ne suffit pas toujours à écarter une petite hernie. Elle peut rester rentrée pendant l’examen, surtout si la poussée est faible ou si l’exploration se limite au repos.

Hernie crurale ou inguinale, les repères qui les distinguent

Noms et localisation des deux hernies

Gros plan d’un modèle anatomique montrant les muscles, des vaisseaux sanguins, un nerf et un os de la cuisse.
La hernie crurale, aussi appelée fémorale, se situe sous le ligament inguinal.

« Crurale » et « fémorale » désignent la même hernie. Vous la trouvez sous le ligament inguinal, dans le canal fémoral. Elle est proche des vaisseaux fémoraux, en haut de la cuisse.

La hernie inguinale, elle, passe au-dessus du ligament inguinal, dans le canal inguinal. Elle forme souvent une bosse dans le pli de l’aine. Chez l’homme, elle peut descendre jusqu’aux bourses.

Pour vous repérer, retenez ceci : la hernie crurale se situe sous le ligament inguinal, souvent près de la racine de la cuisse. Les vaisseaux fémoraux, tout proches, servent de repères pendant l’échographie.

Présentation et formes inguinales

Chez la femme, une hernie crurale peut passer presque inaperçue. Pas de grosseur bien nette, parfois. Une douleur localisée ou une gêne à l’effort vous poussent alors souvent à demander une échographie.

Quand l’échographie aide à diagnostiquer une hernie de l’aine

L’examen clinique reste le premier repère

Le médecin commence par vous poser des questions : une douleur, une gêne, une bosse apparue récemment, ce qui la déclenche. Puis il examine votre aine, d’abord debout, ensuite couché.

Vérifiez ces points avant votre échographie
Cochez ce qui vous concerne pour préparer votre rendez-vous avec le radiologue ou votre médecin.

Une bosse qui sort à la poussée est le signe typique qui oriente vers une hernie crurale.

Une hernie qui rentre au repos est dite réductible, ce que le radiologue cherche à observer.

C’est ce qui distingue la hernie crurale, dite aussi fémorale, de la hernie inguinale, située au-dessus.

Une hernie dite occulte peut ne se voir qu’à la poussée, d’où l’intérêt de l’échographie.

Ces signes imposent d’appeler le 15 ou de rendre visite aux urgences sans attendre l’imagerie.

L’examen clinique reste le premier repère avant de demander une échographie.

Si la gêne persiste malgré un examen sans anomalie, il faut revoir votre médecin.

Il cherche surtout trois choses :

  • Une bosse qui grossit quand vous toussez ou poussez.
  • Une bosse douloureuse, ou non, selon les cas.
  • Une bosse qui rentre, ou qui reste visible, et sa position par rapport au ligament inguinal, au-dessus ou au-dessous.
À lire aussi :  Taquet dentaire décollé : comment le repérer entre deux rendez-vous ?

Une petite hernie crurale reste en revanche difficile à repérer au toucher. C’est là que l’échographie devient précieuse.

Les situations où l’imagerie apporte des informations

L’échographie peut être proposée dans plusieurs cas :

  • Un doute clinique, quand l’examen ne permet pas de distinguer clairement une hernie d’une autre cause de douleur.
  • Une hernie occulte, lorsque vous ressentez une gêne mais qu’aucune bosse n’apparaît au repos.
  • Un bilan avant intervention, pour préciser le trajet, le contenu et le côté de la hernie.

Si l’échographie ne tranche pas et que le doute persiste, l’IRM analyse plus finement les hernies cachées. Le scanner peut aussi aider si une complication abdominale est envisagée, mais une urgence ne doit pas attendre un examen d’imagerie.

Le Doppler précise les vaisseaux, tandis que l’étranglement impose une urgence

Doppler et repères vasculaires

Une personne en blouse bleue passe une sonde d’échographie sur le ventre d’un patient allongé, dont le corps est couvert d’un drap bleu.
Le Doppler aide à évaluer la circulation sanguine des structures examinées.

Le Doppler complète l’échographie. Il montre la circulation du sang dans les vaisseaux. Grâce à lui, on repère l’artère et la veine fémorales. Le canal fémoral se trouve juste à côté.

Pendant une poussée, la veine fémorale peut se distendre. Une hernie crurale qui descend peut au contraire comprimer sa partie interne. Ce détail aide à la distinguer d’un simple changement de calibre. Le Doppler le montre bien.

Consultez rapidement si :

  • la douleur devient brutale ou intense
  • la bosse se durcit et ne rentre plus
  • surviennent nausées, vomissements, ventre gonflé ou arrêt des gaz

Le collet étroit augmente le risque de complication

La hernie crurale passe par un espace étroit. Son contenu peut donc se coincer. Le risque grimpe quand le collet est serré.

À lire aussi :  Pratiquer l'emdr soi meme : bienfaits et réels dangers

On parle d’incarcération quand la hernie ne rentre plus dans l’abdomen. Si les vaisseaux du contenu sont comprimés, c’est un étranglement. Il existe alors un risque de manque d’oxygène, de nécrose intestinale et d’occlusion.

Attention : si la hernie est douloureuse, tendue, qu’elle ne rentre plus ou qu’elle s’accompagne de vomissements, n’attendez pas un rendez-vous d’imagerie. Appelez le 15 ou rendez-vous aux urgences.

L’échographie ne doit jamais retarder la prise en charge. Elle montre la hernie, mais la douleur et l’état général passent avant l’image.

Si la gêne persiste malgré un examen sans anomalie, ne classez pas le dossier. Retournez voir votre médecin, qui pourra proposer une IRM si le doute reste fort. Votre ressenti au quotidien dit souvent plus que l’image seule, et il doit guider la suite !

Partager cet article

WhatsAppFacebookXE-mail

À lire aussi