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À l’approche de la restitution des États généraux de la douleur des femmes, annoncée pour le 19 octobre, une question dépasse largement le choix d’un appareil : que répond-on à une patiente qui a mal lorsque son examen ne montre pas d’anomalie ? La tribune publiée le 16 octobre par le comité d’experts insiste sur le risque de banalisation. En imagerie, l’endométriose fournit un exemple précis de ce que signifie — et ne signifie pas — un résultat négatif. [1][2]
« Rien de visible » n’est pas la même réponse que « rien à prendre en charge »
Un examen d’imagerie recherche des anomalies avec une technique donnée, dans une région du corps et pour une question clinique. Son résultat ne mesure pas directement toute l’expérience douloureuse. La douleur décrite, son rythme et ses conséquences restent donc des informations médicales, y compris lorsque les images sont rassurantes.
Le point important n’est pas de suspecter que tout examen normal aurait manqué une maladie. C’est de comprendre ce que cet examen permet réellement d’écarter. Dans ses recommandations de mai 2025 consacrées à l’endométriose, la Haute Autorité de santé rappelle que certaines formes, notamment superficielles, sont mal repérées par les techniques d’imagerie. Elle souligne aussi que les symptômes peuvent être peu spécifiques : ils ne suffisent pas, à eux seuls, à poser ce diagnostic. [3]
Ces deux limites doivent être expliquées ensemble. Dire à une patiente qu’une échographie normale n’exclut pas toute endométriose ne revient ni à lui annoncer qu’elle en est atteinte, ni à rendre inutile un examen qui a recherché d’autres lésions.
Dans l’endométriose, l’échographie et l’IRM n’ont pas des rôles interchangeables
Les recommandations labellisées par la HAS concernent ici les femmes de plus de 18 ans. Elles placent l’échographie endovaginale en première intention pour rechercher des lésions endométriosiques des ovaires ou des formes profondes. Sa réalisation par un professionnel suffisamment formé compte dans la démarche. Mais cet examen ne permet pas d’exclure une endométriose superficielle, ni certaines localisations profondes ou situées hors du bassin. [3]
L’IRM pelvienne intervient selon la situation. Le texte la recommande en seconde intention lorsque l’échographie est négative ou douteuse après échec du traitement médical ; si l’échographie endovaginale n’est pas réalisable, l’IRM est recommandée en première intention. Ce parcours n’équivaut pas à une IRM automatique devant toute douleur. Il répond à une suspicion particulière, avec ses conditions propres. [3]

La recherche d’une cause ne consiste donc pas à accumuler les examens pour obtenir enfin une image « positive ». Elle demande de relier les résultats aux symptômes, à l’examen clinique et à l’évolution de la situation. C’est cette explication qui évite de transformer un compte rendu rassurant en fin de non-recevoir.
Une douleur pelvienne ne désigne pas, à elle seule, un organe
La HAS décrit des manifestations variées pouvant faire envisager l’endométriose : douleurs de règles, douleurs pelviennes ou lors des rapports, mais aussi troubles urinaires ou digestifs selon les situations. Ce caractère varié explique une partie de la difficulté diagnostique ; il impose également de ne pas tout attribuer d’emblée à cette maladie. [3]
Pour la consultation, la description gagne à distinguer des éléments qui ne racontent pas la même chose :
- La localisation et le rythme : zone précise ou étendue, douleur continue ou par épisodes, éventuel lien avec le cycle.
- Les circonstances : symptômes urinaires ou digestifs associés, douleur pendant les rapports ou d’autres activités.
- Le retentissement : sommeil, déplacements ou activités empêchées, plutôt qu’un chiffre d’intensité isolé.
Ces repères servent à exposer la situation au professionnel, pas à identifier soi-même une lésion ni à décider seul du prochain examen. Ils aident aussi à formuler une question utile après le compte rendu : quelles hypothèses ce résultat rend-il moins probables, et lesquelles restent à discuter ?

L’écoute se joue aussi pendant l’examen, pas seulement avant
Les recommandations de 2025 ne se limitent pas aux performances techniques. Elles demandent une explication claire du déroulement de l’échographie endovaginale et une attention à l’inconfort, à la douleur ou à l’anxiété ressentis pendant sa réalisation. Il s’agit d’adapter le soin à la personne examinée, non de lui demander de supporter pour obtenir de « bonnes images ». [3]

Le consentement est à recueillir avant et pendant l’examen. La patiente doit être informée qu’elle peut le retirer à tout moment et que ce retrait sera immédiatement accepté. Le texte précise également qu’un refus ou un retrait du consentement ne doit pas entraîner une rupture de la relation de soin. [3]
Cette place donnée à l’échange rejoint l’enjeu des États généraux : mieux écouter doit se traduire dans des actes concrets. En radiologie, l’un de ces actes consiste à expliquer les résultats à l’issue de l’échographie, avec des mots adaptés, ainsi que la nécessité éventuelle d’un examen alternatif ou complémentaire. Ce temps d’explication figure expressément parmi les recommandations de la HAS. [3]
Sources et références
[1] Comité d’experts des États généraux, tribune au Monde, 16 octobre 2026.
https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/10/16/etats-generaux-de-la-douleur-des-femmes-il-faut-mieux-ecouter-et-faire-de-cette-exigence-un-levier-d-amelioration-des-pratiques-de-soin_6795324_3232.html
[2] URPS Médecins libéraux Nouvelle-Aquitaine, annonce du colloque de restitution du 19 octobre 2026.
https://www.urpsml-na.org/agenda/colloque-de-restitution-des-etats-generaux-de-la-douleur-des-femmes/
[3] HAS, Actualisation de la place des différents examens d’imagerie pour le diagnostic d’endométriose, mai 2025.
https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-05/reco492_label_endometriose_imagerie_recommandations_ca.pdf





