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Le 14 octobre, Béatrice Fervers a remis en lumière dans Lyon Capitale les recherches XENAIR sur la pollution atmosphérique et le risque de cancer du sein. Pour une personne qui prépare une mammographie, le rapprochement peut susciter une attente compréhensible : l’examen pourrait-il montrer si la pollution a joué un rôle ? C’est précisément la frontière à éclaircir : l’image cherche une anomalie, pas l’histoire environnementale qui expliquerait son apparition. [1]
La mammographie répond à une question sur le sein aujourd’hui
Dans un dépistage, on recherche une anomalie chez une personne sans symptôme. Dans un bilan diagnostique, on explore un changement déjà constaté ou une image qui nécessite des précisions. La technique peut être la même, mais la situation qui conduit à l’examen n’est pas identique. [2, 3]
La mammographie fournit des images de l’intérieur du sein. Une échographie peut compléter le bilan selon ce que le médecin cherche à préciser. Ces examens aident notamment à localiser une zone et à en décrire les caractéristiques. Une image suspecte n’est pas encore une confirmation de cancer. [2]
Une image ne reconstitue pas non plus les concentrations de polluants respirées pendant des années. Le bilan d’imagerie décrit ce qui est visible au moment de l’examen, avec les comparaisons utiles aux clichés antérieurs. La question de l’origine environnementale appelle d’autres données et d’autres méthodes.

La biopsie analyse un tissu, sans dresser l’inventaire des expositions
Lorsqu’un prélèvement est indiqué, il est le plus souvent réalisé à travers la peau par micro- ou macrobiopsie. L’échographie ou la mammographie peuvent guider le radiologue vers l’anomalie. Le nom de la technique de guidage ne dit pas ce que montrera le prélèvement : il indique comment atteindre la zone à étudier. [2]
L’examen anatomopathologique consiste ensuite à analyser les tissus prélevés. C’est lui qui établit le diagnostic de cancer du sein. Il apporte également des informations sur la nature des cellules, utiles pour organiser les traitements. Toutes les personnes passant une mammographie n’ont donc pas besoin d’une biopsie ; celle-ci répond à une indication précise. [2]
Cette caractérisation ne transforme pas le prélèvement en test d’origine du cancer. Identifier un type de tumeur ou des récepteurs hormonaux n’est pas retrouver le produit, le lieu ou l’exposition qui aurait provoqué la maladie. Le diagnostic guide les soins même lorsque l’on ne peut pas attribuer une cause individuelle.

Pour étudier la pollution, les chercheurs changent d’échelle
XENAIR part d’un autre matériau : l’histoire des lieux de résidence. Dans une étude menée au sein de la cohorte E3N, les expositions à plusieurs polluants ont été estimées par des modèles, puis comparées entre 5 222 femmes ayant eu un cancer du sein entre 1990 et 2011 et 5 222 témoins. Les chercheurs ont aussi tenu compte de facteurs de risque déjà connus. [4]
Cette méthode cherche si certains niveaux d’exposition sont associés à un risque plus élevé dans un groupe. Elle ne propose ni image particulière à rechercher dans une mammographie ni seuil individuel permettant de dire « ce cancer vient de l’air respiré ». Le résultat d’une étude de population ne devient pas un test pour chaque patiente.
Dans l’entretien d’octobre, Béatrice Fervers explique que les données renforcent les arguments en faveur d’un lien causal et appelle à une réévaluation par le Centre international de recherche sur le cancer. Ce souhait de réexamen doit être distingué d’une décision déjà prise et d’une attribution certaine chez une personne. [1]

Une inquiétude environnementale ne fixe pas à elle seule le calendrier des examens
La recherche sur les polluants ne suffit donc pas à prescrire une mammographie plus fréquente à toutes les habitantes d’une ville. Le programme organisé français concerne les femmes de 50 à 74 ans sans symptôme et à risque moyen, avec un examen tous les deux ans. Les situations de risque particulier relèvent d’un suivi adapté à l’histoire médicale. [3, 5]
Si un changement du sein apparaît, la question n’est plus celle du calendrier de dépistage : un professionnel doit l’examiner et décider des investigations utiles. L’INCa distingue cette démarche de la surveillance proposée aux femmes sans symptôme. Un rendez-vous récent ne remplace pas l’évaluation d’un signe nouveau. [5]
Au cabinet, décrire depuis quand le changement est présent, son évolution, les antécédents et les examens déjà réalisés aide à donner une question précise au bilan. Une inquiétude liée à un ancien logement ou au travail peut aussi être exprimée, sans attendre du radiologue une réponse que les images ne peuvent pas fournir.
Sources et références
- Lyon Capitale — Entretien de Béatrice Fervers et retranscription écrite, 14 octobre 2026
https://www.lyoncapitale.fr/actualite/cancer-sein-recherche - Institut national du cancer — Diagnostic d’un cancer du sein
https://www.cancer.fr/personnes-malades/les-cancers/sein/comprendre-les-cancers-du-sein/diagnostic - Institut national du cancer — Cancers du sein, Je fais mon dépistage
https://jefaismondepistage.cancer.fr/cancers-du-sein/ - E3N-Générations — La pollution atmosphérique favorise l’apparition du cancer du sein, présentation des travaux XENAIR, octobre 2022
https://www.e3n-generations.fr/la-pollution-atmospherique-favorise-lapparition-du-cancer-du-sein - Institut national du cancer — Cancer du sein : données épidémiologiques et repères de prévention
https://www.cancer.fr/professionnels-de-sante/statistiques-et-chiffres-sur-les-cancers/epidemiologie-des-cancers/cancer-du-sein





