Une IRM avec injection de produit de contraste peut vous demander une prise de sang pour vérifier vos reins.
Mais la durée pendant laquelle ce résultat reste valable dépend de votre état de santé, et il faut savoir quoi faire avant l’examen. Cet article vous dit si ce dosage de créatinine vous concerne, quand le faire et ce qu’il faut préparer le jour de l’IRM.
Faut-il faire doser sa créatinine avant une IRM ?
Pour une IRM sans injection, un dosage de créatinine n’est en général pas demandé. Le sujet concerne surtout les examens avec gadolinium, un produit de contraste que les reins éliminent.
Dans ce cas, on mesure la créatinine dans une prise de sang, puis on calcule le DFG, qui indique comment fonctionnent vos reins. Ce chiffre aide le médecin à savoir si vous pouvez recevoir le produit sans risque pour eux.
Le dosage est surtout demandé si vous avez un risque rénal : maladie des reins connue, dialyse, opération ou greffe des reins, rein unique, hypertension traitée, diabète ou cancer. Il l’est aussi si vous devez recevoir plusieurs injections.
Pas sûr d’être concerné ? Le plus simple est de demander au prescripteur, qui décide si une prise de sang est utile. Pour savoir comment vous préparer, lisez pourquoi être à jeun pour un scanner avec injection.
Combien de temps avant l’examen faire la prise de sang
Il n’existe pas de délai chiffré universel pour faire doser la créatinine avant une IRM. La fiche de recommandations sur le gadolinium ne donne pas de durée de validité du résultat.
Demandez au centre la durée de validité exigée avant la prise de sang. Signalez aussi une maladie rénale ou un problème de santé récent. Lisez la page sur la prise de sang avant un examen d’imagerie pour vous préparer.
Deux durées reviennent le plus souvent, selon votre état de santé, et le laboratoire ajoute son propre délai pour rendre le résultat.
| Critère | Sans problème de santé nouveau | Hospitalisé ou avec un problème aigu |
|---|---|---|
| Validité de la prise de sang | Jusqu’à 3 mois avant l’examen | Jusqu’à 7 jours avant l’examen |
| Délai du laboratoire pour rendre le résultat | En moyenne 1 jour | En moyenne 1 jour, mais ce délai peut varier selon le laboratoire et l’urgence de la demande |
| Ce qu’il faut faire | Demander au centre s’il accepte cette durée, car il peut exiger un résultat plus récent | Demander au centre la durée exacte à respecter |
Le jeûne : quand il est demandé et combien de temps
Pour une IRM, le jeûne n’est pas la règle. En général, vous pouvez manger, boire et prendre vos médicaments comme d’habitude, sauf consigne médicale contraire.

Si votre médecin donne une autre consigne, suivez-la à la lettre. Si vous passez aussi un scanner, la tenue à porter se règle à part : scanner habillé ou pas, ce qu’il faut savoir avant l’examen.
Le jeûne ne s’applique pas à toutes les IRM, mais il est demandé dans ces cas :
- Examen de l’abdomen (foie, pancréas, tube digestif, voies biliaires) : ne rien manger, boire ni fumer pendant au moins 4 heures avant l’examen.
- IRM avec consigne d’eau : buvez l’eau demandée avant le rendez-vous.
- Diabète et jeûne imposé : signalez votre diabète au centre et demandez à votre médecin comment gérer votre traitement et vos repas.
Les médicaments et ce qu’il faut signaler
Le jour de l’IRM, vous pouvez prendre vos médicaments habituels, sauf si votre médecin vous demande autrement. Cela vaut aussi pour la metformine et les autres traitements oraux du diabète : l’injection de gadolinium ne demande aucune précaution particulière avec eux.
Si vous prenez de la créatine en complément, voyez comment elle fait monter votre taux de créatinine avant de le faire doser.
Avant l’examen, signalez trois choses au médecin qui prescrit l’IRM et au centre, dès la prise de rendez-vous :
- tout implant métallique ou électronique, car sa présence doit être vérifiée avant l’examen ;
- la fiche de traçabilité de votre dispositif implanté, si vous en avez une, à apporter avec vous : elle donne les informations utiles pour contrôler l’implant ;
- toute réaction allergique passée à un produit de contraste, notamment au gadolinium.
Gadolinium et fonction rénale : ce qu’il faut savoir
Chez une personne dont les reins fonctionnent normalement
Chez une personne dont les reins fonctionnent bien, le gadolinium est très peu risqué pour eux. Aux doses recommandées, il atteint très rarement les reins. Cela vaut aussi pour une IRM du rachis entier, qui explore toute la colonne.
Le risque connu s’appelle la fibrose néphrogénique, un durcissement de la peau et d’autres tissus. Depuis l’arrêt en Europe des chélates linéaires en 2018, ce risque est presque nul. Il touchait surtout des personnes ayant une insuffisance rénale sévère.
En France, quatre produits sont injectés dans une veine : l’acide gadotérique, le gadobutrol, le gadotéridol et l’acide gadobénique. La dose se calcule selon votre poids. Pour les trois premiers, elle est de 0,1 mmol (millimole) par kilogramme.
Pour l’acide gadobénique, la dose est deux fois moindre : 0,05 mmol par kilogramme. Le produit change donc la quantité injectée, et c’est le médecin qui choisit lequel vous recevrez.
Quand la fonction rénale est diminuée
Si votre DFG (la mesure de la filtration des reins) est inférieur à 30 ml/min/1,73 m², ou si vous êtes dialysé, l’insuffisance rénale est sévère. Le médecin juge alors si l’injection en vaut la peine.
Si elle est nécessaire, espacez les injections d’au moins 7 jours. Dialysé ? Prévenez l’équipe : une séance après l’IRM est possible, mais son bénéfice n’est pas démontré. Signalez aussi une greffe rénale.
Vêtements et objets à laisser avant l’examen
Pour l’examen, choisissez une tenue sans fermeture ni bouton métallique. Ainsi, vous n’avez presque rien à enlever avant d’entrer. Venez aussi sans pinces à cheveux métalliques, car elles ne doivent pas rester sur vous dans la salle.

Si le centre vous demande de porter une blouse en tissu ou en papier, il vous la remet sur place.
Certains objets doivent être retirés avant d’entrer dans la salle, et d’autres signalés avant même de vous préparer :
- Les bijoux, les piercings, les montres, les ceintures, les clés, les cartes et le téléphone.
- Les appareils auditifs externes et les prothèses dentaires amovibles.
- Un patch médicamenteux, un appareil auditif ou un implant. Signalez-le avant de vous préparer : le personnel vous dira s’il faut le retirer ou vérifier sa compatibilité.
Quoi apporter le jour de l’examen
Préparez votre dossier la veille, pour ne rien oublier le jour de l’examen. Mettez dans un même sac votre pièce d’identité, votre carte Vitale et, si vous en avez une, votre carte de mutuelle.
Ajoutez l’ordonnance ou le courrier de votre médecin, avec les ordonnances qui détaillent vos traitements. Comme ça, l’équipe voit d’un coup d’œil ce que vous prenez.
Ajoutez aussi ces documents à votre dossier :
- Le résultat de votre prise de sang qui évalue vos reins, si le centre vous l’a demandée.
- Les résultats et les images de vos examens précédents, comme une IRM, une radiographie, une échographie ou un scanner.
- Le compte rendu d’une opération ou d’une hospitalisation, si vous en avez un, et la fiche de votre implant si vous en portez un.
- Arrivez 15 minutes avant le rendez-vous, pour l’accueil et la remise des documents.
Si votre IRM se fait sans produit de contraste, un dosage de créatinine n’est en général pas nécessaire.
Si elle se fait avec injection, le plus sûr est de demander d’abord au prescripteur si une prise de sang est utile pour vous.
Ensuite, appelez le centre et demandez-lui la durée de validité exigée pour le résultat. C’est cette réponse qui vous dit quand faire la prise de sang.





