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IRM sacro-coccygienne : à quoi sert cet examen pour le coccyx ?

Relu par Antoine Bouquet
Une patiente allongée sur la table d'examen d'un appareil d'IRM dans une salle lumineuse.

Les radiographies sont normales, mais le coccyx continue de faire mal quand vous vous asseyez. Une IRM sacro-coccygienne peut-elle vraiment montrer ce qui cloche ?

On fait le point sur ce qu’elle montre et comment se passe l’examen.

IRM sacro-coccygienne : rechercher une cause locale de douleur

Quand l’IRM est-elle utile ?

Vous avez mal au bas du dos, juste au-dessus des fesses, et ça dure ? L’IRM sacro-coccygienne explore le sacrum, le coccyx et les tissus qui les entourent. Elle sert surtout quand la douleur persiste, revient souvent ou reste inexpliquée. Cela arrive même après l’examen clinique et les premières radiographies.

Une douleur du coccyx, appelée coccygodynie, arrive souvent assis ou en vous relevant. Après une chute ou un accouchement, une radiographie dynamique permet d’abord de repérer un déplacement anormal.

Votre médecin peut demander une IRM si les images précédentes ne suffisent pas. Il peut aussi le faire si la douleur semble trop forte par rapport à ce qu’on voit. Il peut enfin la prescrire si certains signes laissent penser à une lésion locale.

En clair, l’examen regarde ce qui se passe dans les tissus, pas seulement la forme de l’os.

L’IRM devient particulièrement intéressante dans les situations suivantes :

  • Une douleur qui persiste plusieurs semaines malgré des mesures simples et des antalgiques.
  • Une douleur sans traumatisme clairement identifié.
  • La recherche d’un œdème osseux, c’est-à-dire une réaction de l’os visible sur certaines séquences.
  • Une suspicion d’infection, d’abcès, de kyste pilonidal ou de tumeur : des causes rares, mais qu’il vaut mieux écarter.
  • Des radiographies dynamiques normales, ou difficiles à interpréter, alors que la douleur continue.

Ce que l’examen peut montrer

Une maquette anatomique du bassin montre les os du bassin, le sacrum et les muscles environnants, posée sur un socle dans une salle de cours.
L’IRM peut aussi examiner les tissus mous autour des os, au-delà de la structure osseuse.

L’IRM montre les os, mais aussi les ligaments, les disques entre les segments du coccyx, les muscles et les tissus mous autour. Cette vue en plusieurs plans aide à situer la zone qui réagit.

Les séquences T1 détaillent surtout l’anatomie et la structure osseuse. Les séquences T2 ou STIR font ressortir l’eau, l’œdème et certaines inflammations.

Pour l’image, c’est un peu comme comparer une photo de la charpente avec un cliché où ressortent les zones gonflées.

Au niveau de l’articulation et des tissus voisins, l’examen peut mettre en évidence :

  • Une inflammation de l’articulation sacro-coccygienne ou des articulations entre les segments du coccyx.
  • Un œdème de l’os, parfois lié à une souffrance mécanique ou inflammatoire.
  • Une bursite, c’est-à-dire une petite poche remplie de liquide qui réagit aux frottements répétés.
  • Une irritation des ligaments ou des tissus situés devant et derrière le coccyx.
  • Une anomalie d’un disque intercoccygien.

Il peut aussi montrer des lésions plus particulières :

  • Une fracture, une fissure ou une séquelle de traumatisme.
  • Une collection infectée, un abcès ou une atteinte osseuse infectieuse.
  • Un kyste pilonidal étendu ou une masse des tissus mous.
  • Une lésion tumorale rare de la région sacrée ou coccygienne.

Limites et interprétation des images

Une IRM prescrite seulement pour la colonne lombaire ne couvre pas toujours bien le coccyx. Une IRM standard du bassin peut aussi manquer les coupes centrées sur son extrémité. D’où l’intérêt de bien préciser la zone à explorer dans l’ordonnance.

L’examen se fait allongé et au repos. Il montre donc surtout l’anatomie et l’état des tissus dans cette position. Il ne mesure pas directement le mouvement du coccyx quand vous vous asseyez. Pour cela, les radiographies dynamiques restent utiles.

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Les douleurs du coccyx peuvent venir d’un traumatisme ou d’une inflammation

Causes possibles

Une cycliste en casque est arrêtée sur une route au bord d’un lac, face à des montagnes baignées par le soleil couchant.
La pression prolongée sur la selle peut entretenir une douleur coccygienne chez certaines personnes.

Une chute sur les fesses, un choc direct ou des microtraumatismes répétés peuvent modifier la position ou la mobilité du coccyx. Le vélo, l’équitation, certains sports et les longues heures assis peuvent entretenir la douleur chez certaines personnes.

L’accouchement sollicite aussi fortement les articulations et les ligaments sacro-coccygiens. La douleur peut alors apparaître après la naissance, parfois avec une hypermobilité ou une luxation du coccyx.

Les causes les plus fréquentes sont d’abord mécaniques :

  • Un traumatisme récent, avec contusion, fissure ou fracture.
  • Une instabilité du coccyx, quand le mouvement devient trop important en position assise.
  • Une luxation ou une subluxation, quand les surfaces articulaires se déplacent partiellement.
  • Un coccyx trop rigide, qui absorbe mal la pression.
  • Une tension excessive des muscles du plancher pelvien.

D’autres causes sont plutôt locales ou inflammatoires :

  • Une épine osseuse à l’extrémité du coccyx, susceptible d’irriter les tissus voisins.
  • Une bursite inflammatoire au contact du coccyx.
  • Une souffrance d’un disque situé entre deux segments coccygiens.
  • Une douleur nerveuse ou projetée depuis le sacrum, le bas du dos ou le bassin.

Plus rarement, une infection, un kyste ou une tumeur peuvent être en cause.

Il arrive aussi que la douleur vienne d’une région voisine. Une irritation lombaire, une maladie inflammatoire du rachis, une atteinte de la hanche ou une lésion cutanée près du sillon interfessier peuvent donner l’impression que le coccyx est en cause.

Évaluation de la douleur

Le médecin commence par vous demander quand la douleur est apparue, ce qui l’a déclenchée et dans quelles positions elle augmente. Une douleur très localisée, aggravée par l’assise ou par le fait de se relever, oriente davantage vers le coccyx.

L’examen recherche une rougeur, une chaleur, une plaie, une masse, un écoulement ou un trajet de kyste près du sillon interfessier. La palpation du coccyx doit reproduire la douleur habituelle pour renforcer l’hypothèse d’une origine coccygienne.

Votre médecin peut aussi évaluer :

  • La douleur en position assise, debout et lors du passage de l’une à l’autre.
  • La sensibilité du sacrum, du coccyx et des ligaments voisins.
  • La mobilité du coccyx, parfois avec un examen interne quand cela est nécessaire.
  • La force, les réflexes et la sensibilité des jambes.
  • L’existence d’une douleur lombaire ou d’une irradiation.
  • La présence de fièvre, d’un amaigrissement ou d’une fatigue inhabituelle.

Attention : consultez rapidement si la douleur s’accompagne de fièvre, d’une masse qui grossit, d’un écoulement, d’une faiblesse des jambes ou de troubles urinaires et intestinaux. Ces signes changent la priorité du bilan.

Radiographies dynamiques et IRM répondent à des questions différentes

Examens de l’os et de la mobilité

La radiographie standard donne une première image des os. Elle cherche une fracture, une déformation, une calcification ou une anomalie dans la région sacro-coccygienne. Elle utilise des rayons X.

Une femme en blouse d’hôpital se tient debout devant un appareil de radiographie dans une salle d’examen.
Les clichés debout et assis permettent de comparer la mobilité du coccyx sous différents appuis.

Les radiographies dynamiques sont prises de profil, debout puis assis, parfois dans la position qui déclenche votre douleur. Le radiologue compare la position et l’angle du coccyx avec et sans appui.

Elles peuvent montrer :

  • Une flexion excessive du coccyx quand vous vous asseyez.
  • Une mobilité très réduite, voire un coccyx presque immobile.
  • Une subluxation ou une luxation qui n’apparaît qu’en charge.
  • Une modification de l’angle entre le sacrum et le coccyx.
  • Un lien entre le mouvement observé et la position douloureuse.

Dans les publications médicales, une mobilité entre 5 et 25 degrés est souvent décrite comme habituelle.

Au-delà de 25 degrés, on peut évoquer une hypermobilité. Ce chiffre ne suffit pas à poser un diagnostic à lui seul.

Le scanner détaille mieux certaines structures osseuses. Il peut aider après un traumatisme complexe. En revanche, il utilise aussi des rayons X et distingue moins bien les tissus mous que l’IRM.

Choix de l’examen

Le choix dépend de la question posée, de votre histoire et de l’examen clinique. Une douleur récente après un choc commence souvent par une radiographie. Une douleur persistante avec une suspicion d’instabilité peut justifier des clichés dynamiques.

  • Radiographie standard : elle montre la forme des os, une fracture ou une calcification. Elle aide après un traumatisme ou pour un premier bilan.
  • Radiographies dynamiques : elles montrent le mouvement et la stabilité du coccyx, assis et debout. Elles aident quand la douleur se déclenche à l’assise ou en cas de suspicion d’hypermobilité.
  • Scanner : il détaille les structures osseuses et les fractures complexes. Il aide lors d’un traumatisme important ou pour une question osseuse précise.
  • IRM sacro-coccygienne : elle montre os, inflammation, œdème, ligaments, muscles et masses. Elle aide quand la douleur persiste, pour un bilan local ou quand les radiographies ne suffisent pas.
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Ces examens se complètent souvent. La radiographie dynamique mesure le mouvement, et l’IRM cherche la réaction des tissus. En clair, l’une observe le coccyx en action, l’autre examine son état.

L’IRM du bassin se réalise allongé après un contrôle de sécurité

Déroulement de l’examen

À votre arrivée, l’équipe vérifie votre ordonnance, vos antécédents et la question posée par le médecin. Ensuite, vous retirez les objets métalliques. Puis vous vous installez sur la table d’examen.

Avant votre IRM sacro-coccygienne, vérifiez ces points
Cochez les questions qui vous concernent pour préparer votre rendez-vous.

Une douleur qui persiste malgré des mesures simples est la situation où l’IRM devient particulièrement utile.

Sans choc connu, l’examen aide à rechercher une cause locale comme une inflammation ou un œdème osseux.

Une IRM lombaire seule couvre mal le coccyx, il faut donc le mentionner explicitement.

Ces éléments doivent être signalés avant l’examen, car le champ magnétique peut poser problème.

Ces informations permettent d’adapter le protocole de l’examen.

Prévenez le centre dès la prise de rendez-vous pour envisager des solutions adaptées.

Une injection de produit de contraste n’est pas systématique, mais le radiologue doit connaître ces antécédents.

Ces signes doivent faire consulter rapidement, car ils changent la priorité du bilan.

Vous êtes généralement allongé sur le dos. Une antenne, appelée bobine, est placée au niveau du bassin. Elle capte les signaux nécessaires aux images. Puis la table glisse dans le tunnel de l’appareil.

L’appareil produit des bruits forts et répétitifs pendant les séquences. Vous recevez une protection auditive et un moyen d’alerter l’équipe. Le manipulateur vous voit et vous parle depuis la salle de commande.

Pendant l’examen, il faut rester immobile. Le moindre mouvement peut rendre les images floues. Il faut alors recommencer une séquence. L’IRM dure souvent entre 15 et 45 minutes, selon la zone explorée et l’éventuelle injection d’un produit de contraste.

L’examen est indolore. Rester allongé peut toutefois devenir inconfortable si votre coccyx est sensible. Signalez votre douleur dès l’installation. L’équipe pourra ajuster les coussins et votre position.

Sécurité et préparation

L’IRM repose sur un champ magnétique puissant. Signalez avant l’examen tout implant, dispositif électronique ou éclat métallique. Dites aussi si vous avez eu une ancienne opération ou si un objet métallique est présent dans votre corps.

Informez aussi l’équipe si vous êtes enceinte ou susceptible de l’être. Dites-le aussi si vous allaitez, si vous avez une maladie rénale ou si une précédente injection de produit de contraste a provoqué une réaction. Ces informations permettent d’adapter le protocole.

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Avant d’entrer dans la salle, vous laissez en général au vestiaire :

  • Montre, bijoux, lunettes et piercings
  • Téléphone, clés, portefeuille et cartes magnétiques
  • Appareil auditif externe et prothèse dentaire amovible
  • Ceinture, vêtements avec fermeture, boutons ou agrafes métalliques
  • Pinces et barrettes contenant du métal

Un stimulateur cardiaque, certains défibrillateurs, certains implants cochléaires et certains clips chirurgicaux peuvent poser problème. La compatibilité dépend du modèle et des conditions fixées par le fabricant. Apportez la carte de votre implant si vous en avez une.

La plupart du temps, une IRM simple ne demande pas de rester à jeun. Vous pouvez manger, boire et prendre vos médicaments habituels. Suivez seulement les consignes particulières du centre, ou celles liées à une éventuelle injection.

Le produit de contraste utilisé en IRM contient généralement du gadolinium. Il n’est pas systématique pour explorer le coccyx. Le radiologue peut toutefois le demander pour mieux caractériser une masse, une inflammation ou une infection.

Préparation et résultats

Pour votre rendez-vous, prenez l’ordonnance, la liste de vos médicaments et vos anciens examens d’imagerie. Ces documents aident le radiologue à comparer les images. Ils permettent aussi d’adapter les séquences à votre situation.

Si vous êtes claustrophobe, prévenez le centre dès la prise de rendez-vous. L’équipe peut expliquer les solutions possibles. Il peut s’agir d’une machine plus ouverte, selon les équipements disponibles, d’une préparation spécifique ou d’un traitement prescrit dans certains cas.

Après l’examen, vous reprenez en général vos activités habituelles. Si une injection a été faite, l’équipe vous indique la conduite à tenir et les symptômes à signaler. Une réaction allergique au gadolinium reste rare. Une gêne inhabituelle après l’injection mérite pourtant un avis médical.

En France, une IRM prescrite dans le parcours de soins comprend des honoraires médicaux et un forfait technique. La base conventionnelle de l’acte d’IRM du bassin est généralement de 69 euros. L’Assurance Maladie prend en charge habituellement 70 % des honoraires.

Le traitement de la coccygodynie dépend de sa cause

Soulager la douleur

Un coussin ergonomique gris est posé sur une chaise claire, près d’une personne debout.
Réduire l’appui direct sur la zone douloureuse fait souvent partie des premières mesures proposées.

Le traitement commence souvent par une réduction de la pression sur le coccyx. Un coussin adapté suffit parfois. Il a une ouverture ou une zone évidée à l’arrière. Vous pouvez ainsi vous asseoir sans appuyer directement sur la zone douloureuse.

Selon votre situation, le médecin peut proposer :

  • Du paracétamol pour calmer la douleur.
  • Un anti-inflammatoire sur une courte durée, si votre état de santé le permet.
  • Une adaptation temporaire du sport, du vélo, de l’équitation ou du poste de travail.
  • La prévention de la constipation, qui peut aggraver les douleurs lors des selles.
  • Une kinésithérapie centrée sur les muscles du bassin, la posture et le relâchement.
  • Des techniques manuelles, parfois internes, réalisées par un professionnel formé.

Attention : ne prenez pas d’anti-inflammatoire sans vérifier les contre-indications. C’est important en cas d’ulcère, de maladie rénale, de traitement anticoagulant, de grossesse ou d’allergie. Votre médecin ou votre pharmacien peut vous orienter vers l’option la plus sûre.

Options si la douleur persiste

Si les mesures simples et la kinésithérapie ne suffisent pas, une infiltration peut être discutée. Le médecin injecte un anesthésique, parfois avec un corticoïde. L’injection se fait près de la zone douloureuse ou de l’articulation concernée.

D’autres prises en charge peuvent être envisagées :

  • Une rééducation plus spécifique du plancher pelvien.
  • Une adaptation du poste de travail ou des trajets assis.
  • Un traitement local dans certaines douleurs persistantes.
  • Une consultation spécialisée en douleur ou en chirurgie orthopédique.
  • La prise en charge de la cause identifiée, comme un kyste, une infection ou une lésion particulière.
  • Une coccygectomie, c’est-à-dire l’ablation d’une partie ou de la totalité du coccyx, uniquement dans des situations sélectionnées après échec des traitements non chirurgicaux.

Si la douleur persiste malgré les premières mesures, ne la laissez pas s’installer sans avis médical. Lorsque votre médecin prescrit une IRM, demandez-lui de préciser sur l’ordonnance que le coccyx doit être exploré, et pas seulement la colonne lombaire.

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