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Le danger de l’uroscanner pour votre santé, en pratique

Relu par Antoine Bouquet
Patient allongé dans un scanner médical avec des images radiologiques affichées sur un écran de contrôle au premier plan.

Un uroscanner vient d’être prescrit ? Entre rayons X et produit iodé, le danger de l’uroscanner paraît vite flou. Difficile de savoir ce qui pèse vraiment.

On fait le point sur les risques réels et les cas qui demandent de la prudence.

Danger de l’uroscanner : un risque limité face à son utilité

L’examen répond à plusieurs questions urinaires

L’uroscanner est un scanner de l’abdomen et du pelvis. Il examine les reins, les uretères et la vessie. Il combine le plus souvent une acquisition sans injection, une injection d’iode, puis une image tardive.

Avant votre uroscanner, vérifiez ces points
Une liste à parcourir avec votre médecin ou le centre d’imagerie avant l’examen

Une réaction passée est le principal facteur qui augmente le risque d’en refaire une. Notez le délai et, si vous le savez, le nom du produit.

Ces situations peuvent changer la préparation et la surveillance pendant l’examen.

Un DFG inférieur à 30 ml/min/1,73 m² impose une vérification avant l’injection.

Le médecin peut suspendre la metformine au moment de l’injection. Ne l’arrêtez pas sans consigne personnalisée.

Le produit iodé traverse le placenta. Le centre doit en être informé avant l’examen.

Apportez vos anciens comptes rendus et, si possible, vos images. Ils évitent un examen inutile.

Les consignes varient selon les centres. Demandez-les avant de partir.

Si votre médecin limite habituellement vos apports en eau, signalez-le au centre.

Votre médecin peut le demander pour :

  • chercher un calcul
  • comprendre la présence de sang dans les urines
  • préciser une anomalie repérée à l’échographie
  • évaluer une tumeur des reins et des voies urinaires

Quand il s’agit d’un calcul, le scanner sans injection montre où il se trouve. Il montre aussi s’il gêne déjà le rein.

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Dans une colique néphrétique aiguë, le scanner sans injection suffit souvent. Le produit iodé n’apporte alors pas toujours d’information utile. On peut donc s’en passer.

Le danger dépend surtout de votre situation, du protocole et du besoin réel. On pèse toujours le bénéfice face aux rayons X et aux risques de l’injection.

Le protocole dépend de la question médicale

Tous les uroscanners ne se ressemblent pas. Selon l’organe étudié et le problème recherché, le protocole compte deux, trois ou quatre phases.

Les phases du protocole sont les suivantes :

  • la première acquisition, sans injection, repère les calculs et les calcifications
  • les images précoces examinent le tissu rénal après l’injection
  • les images tardives suivent le produit jusqu’aux urines

Les effets de l’injection iodée restent le plus souvent passagers

Les réactions surviennent à des moments différents

Un patient allongé dans une salle de soins reçoit une perfusion reliée à un appareil, avec un scanner médical en arrière-plan.
La sensation de chaleur liée au produit iodé s’atténue généralement en quelques instants.

L’injection peut donner une sensation de chaleur qui se répand dans le corps. Vous pouvez aussi sentir un goût métallique ou une envie soudaine d’uriner. Ces sensations s’estompent en général en quelques instants.

Des effets bénins surviennent parfois pendant l’injection ou juste après. Un malaise peut traduire une baisse passagère de la tension. Une douleur ou un gonflement du bras signale parfois que le produit a fui de la veine.

Les réactions immédiates arrivent dans l’heure, parfois en quelques minutes. Les formes graves peuvent provoquer une gêne pour respirer, un gonflement du visage ou de la gorge, une chute de tension ou un malaise sévère.

Les réactions retardées apparaissent entre une heure et une semaine après l’examen. Elles prennent surtout la forme d’une éruption ou de démangeaisons. Une réaction cutanée étendue, avec cloques ou atteinte des muqueuses, demande un avis médical rapide.

Prévenez tout de suite l’équipe si vous ressentez :

  • une gêne respiratoire ou une oppression
  • un gonflement de la gorge
  • des vertiges importants
  • une douleur qui augmente au niveau du bras

Le personnel dispose d’une procédure de prise en charge et vous garde sous surveillance si besoin.

Les antécédents guident la prévention

Une réaction passée à un produit de contraste iodé est le principal facteur qui augmente le risque d’en refaire une. Dites ce qui s’est passé, et dans quel délai. Si vous le savez, donnez aussi le nom du produit utilisé.

Un asthme mal contrôlé, une maladie aiguë ou une tendance allergique peuvent changer la préparation et la surveillance. Le radiologue peut alors choisir un autre produit ou une autre technique, si l’examen le permet.

L’insuffisance rénale et certains traitements imposent une vérification

Le débit de filtration mesure le risque rénal

Le produit iodé est éliminé surtout par les reins. Une insuffisance rénale aiguë ou sévère peut donc favoriser une baisse passagère de la fonction rénale après l’injection.

Le risque devient nettement plus important dans six situations :

  • un DFG inférieur à 30 ml/min/1,73 m² avant une injection intraveineuse
  • une insuffisance rénale aiguë connue ou suspectée
  • une déshydratation, surtout si elle s’ajoute à une maladie des reins
  • un diabète associé à une atteinte rénale
  • une insuffisance cardiaque sévère, qui limite parfois l’hydratation
  • plusieurs injections de produit iodé à courte distance
  • Un DFG abaissé ne suffit pas à interdire l’uroscanner.
  • Le médecin peut le maintenir si le résultat est indispensable.
  • Il le fait seulement si aucune autre technique ne répond aussi bien à la question.
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Pour un examen programmé, le DFG est en général vérifié dans les trois mois précédents. Une analyse plus récente est nécessaire en cas de maladie aiguë, d’aggravation récente ou d’hospitalisation.

L’hydratation et la metformine peuvent être adaptées

Une personne est allongée dans un lit d’hôpital, reliée à une poche de perfusion dans une chambre éclairée par une lampe.
L’hydratation préventive est adaptée à la fonction rénale et à l’état général.

Si votre risque rénal est présent, l’équipe peut proposer une hydratation par perfusion. Elle se fait avant et après l’examen. La quantité dépend de vos reins, de votre cœur et de votre état général.

Ne forcez pas sur l’eau de votre propre initiative. C’est dangereux si vous avez une insuffisance cardiaque ou rénale. Trop boire peut provoquer une surcharge en liquide.

La metformine n’abîme pas directement les reins sous l’effet du produit iodé. En revanche, une dégradation rénale aiguë peut favoriser une complication rare : l’acidose lactique.

Si votre DFG est supérieur ou égal à 30 ml/min/1,73 m² et qu’il n’y a pas d’insuffisance rénale aiguë, les recommandations européennes permettent en général de poursuivre la metformine.

Si le DFG est inférieur à 30, ou en cas d’insuffisance rénale aiguë, le médecin peut suspendre la metformine. Il le fait au moment de l’injection. Il contrôle ensuite le DFG dans les 48 heures.

Ne stoppez donc pas votre traitement sans consigne personnalisée. Signalez aussi tous vos autres médicaments, surtout ceux qui peuvent fragiliser les reins. Dites aussi si vous avez déjà été dialysé ou opéré des reins.

Les rayons X présentent un risque faible mais cumulatif

La dose varie selon le protocole

Une personne allongée sur une table d’examen passe dans un appareil d’imagerie médicale circulaire, dans une salle de soins.
La dose de rayons X est ajustée au protocole et à l’indication de l’examen.

Le scanner utilise des rayons X pour produire des images en coupe. L’uroscanner vous expose donc à un rayonnement ionisant. Ce n’est pas le cas de l’échographie ni de l’IRM.

Le risque immédiat reste très faible pour un examen diagnostique courant. Ce qui compte vraiment :

  • une brûlure ou une lésion d’organe est très peu probable
  • une très faible augmentation du risque de cancer est possible à long terme

Le risque grandit avec la répétition des examens, car les doses s’additionnent. Un examen répété n’est pas dangereux en soi. Il doit toutefois répondre à une raison médicale précise.

Les examens antérieurs évitent des acquisitions inutiles

Apportez vos anciens comptes rendus. Si possible, prenez aussi vos images sur support numérique. Le radiologue pourra comparer l’évolution d’une anomalie. Il évitera ainsi de refaire un examen récent sans bénéfice.

Les enfants sont plus sensibles aux rayons X que les adultes, car leurs organes sont encore en développement. Leur protocole doit donc être adapté à leur âge et à leur corpulence.

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La grossesse modifie la balance entre bénéfice et risque

La décision tient compte du terme et de l’urgence

Une femme enceinte assise, les mains posées sur son ventre, échange avec une médecin en blouse blanche dans un cabinet médical.
Signaler une grossesse permet à l’équipe de réévaluer l’indication et les précautions nécessaires.

Prévenez le centre si vous êtes enceinte. Dites-le aussi si vous pensez l’être ou si vous êtes en projet de grossesse. Cette information permet de vérifier l’indication. Elle permet aussi d’adapter le protocole si nécessaire.

On ne réalise pas un uroscanner par simple précaution pendant la grossesse. Il peut toutefois rester justifié. C’est le cas si une situation urgente menace votre santé et qu’une autre imagerie ne donne pas la réponse attendue.

Une exposition diagnostique de l’abdomen ne provoque pas automatiquement une complication. Si vous découvrez votre grossesse après l’examen, transmettez le compte rendu et les données de dose. Donnez-les à votre médecin ou à votre sage-femme.

Le contraste iodé reste réservé aux besoins essentiels

Le produit iodé traverse le placenta. C’est pourquoi on ne l’utilise pendant la grossesse que si le résultat change votre prise en charge.

L’iode peut modifier temporairement le fonctionnement de la thyroïde du nouveau-né. Après une exposition pendant la grossesse, le médecin peut demander une surveillance. Elle porte sur la thyroïde du bébé, surtout dans les semaines suivant la naissance.

L’allaitement ne pose en général pas de problème majeur après une injection iodée ponctuelle. Le passage dans le lait reste très faible, tout comme l’absorption par le nourrisson. Suivez quand même la consigne du centre. Elle tient compte du produit utilisé.

La préparation et le retour à domicile suivent le protocole du centre

Les consignes varient selon l’examen

Le jeûne n’est pas le même pour tous les uroscanners. Certains centres demandent de ne pas manger pendant quelques heures. D’autres autorisent un repas normal si l’examen ne présente pas de risque particulier.

Avant de partir, préparez l’ordonnance. Elle indique la question médicale et le protocole demandé. Ajoutez la liste de vos traitements. Elle permet notamment de savoir quoi faire avec la metformine.

L’hydratation accompagne le retour à domicile

Un verre d’eau, des clés et un stéthoscope sont posés sur une table basse, devant une personne assise sur un canapé.
Les conseils d’hydratation doivent tenir compte d’une éventuelle restriction médicale des apports en eau.

Après l’examen, buvez selon les recommandations du centre. Cela aide votre organisme à éliminer le produit iodé par les urines. Si votre médecin limite habituellement vos apports en eau, adaptez cette consigne.

Surveillez votre état pendant les heures qui suivent. Contactez rapidement un professionnel de santé en cas de :

  • gêne respiratoire
  • gonflement du visage
  • malaise important
  • éruption généralisée
  • baisse marquée des urines
  • douleur qui s’intensifie au point d’injection

Une éruption légère apparue plus tard doit aussi être signalée au médecin et au centre d’imagerie. Notez l’heure d’apparition. Prenez une photo si les lésions évoluent. Elle aidera à évaluer une éventuelle réaction retardée.

Avant d’accepter l’examen, demandez-vous ce qu’il va vraiment changer à votre prise en charge. Posez la question à votre médecin : quel résultat attend-il, et existe-t-il une autre imagerie capable de répondre à la même question ?

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