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Cancers de la peau et UV au travail : après l’alerte de l’Anses, pourquoi le parcours ne commence pas par un scanner

L’Anses veut renforcer le repérage des cancers cutanés chez les travailleurs exposés aux UV. Pour le mélanome, ce parcours commence par l’examen de la peau et l’analyse d’une lésion suspecte, tandis que l’imagerie répond à des indications complémentaires.

Relu par Antoine Bouquet
Un dermoscope près d’un avant-bras lors d’un examen de la peau.
Sommaire
  1. En bref
  2. L’alerte vise des expositions de travail encore trop peu repérées
  3. Pour le mélanome, le premier examen porte sur la peau
  4. L’analyse des tissus apporte une réponse que l’image seule ne donne pas
  5. L’imagerie complète le bilan lorsque la situation le justifie

Mieux repérer un cancer de la peau ne signifie pas commencer par un scanner. L’expertise sur les UV professionnels rendue publique par l’Anses le 15 octobre 2026 met en avant un autre point d’entrée : l’examen cutané lors des visites de médecine du travail, avec des médecins mieux formés et un accès facilité à la dermatologie. Pour comprendre la place de l’imagerie, il faut distinguer ce repérage du bilan réalisé après un diagnostic. [1]

L’alerte vise des expositions de travail encore trop peu repérées

L’Agence nationale de sécurité sanitaire conclut à un lien causal avéré entre exposition professionnelle aux ultraviolets et trois cancers cutanés : les carcinomes basocellulaires, les carcinomes épidermoïdes et les mélanomes. Son expertise concerne les UV du soleil comme les sources artificielles utilisées dans certaines activités. [1, 2]

Les emplois extérieurs sont nombreux : agriculture, bâtiment, espaces verts, transport, restauration ou éducation. L’exposition peut être continue ou intermittente. La fraîcheur et le vent peuvent aussi masquer la sensation de chaleur, sans renseigner sur la quantité d’UV reçue. Le métier et les tâches constituent donc des informations utiles à l’évaluation médicale, pas un diagnostic en eux-mêmes.

La recommandation de renforcer l’examen de la peau répond aux retards de diagnostic soulignés par l’agence. Elle ne décrit pas un programme d’imagerie de l’ensemble des personnes ayant travaillé au soleil. [1]

Pour le mélanome, le premier examen porte sur la peau

L’Institut national du cancer décrit le parcours du mélanome à partir d’une consultation clinique. Le dermatologue interroge la personne sur ses antécédents et ses facteurs de risque, observe la lésion et recherche notamment son évolution. Il inspecte aussi le reste de la peau. [3]

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Un dermoscope peut l’aider : cet appareil optique grossissant permet d’examiner plus finement la peau. Il n’a pas le même rôle qu’un scanner ou qu’une IRM. Ce rapprochement des mots « image » et « examen » peut prêter à confusion, alors que les questions posées sont différentes.

Observer l’aspect d’une lésion sert à apprécier la suspicion. Cela ne fournit pas encore la confirmation biologique d’un mélanome. Chez les personnes à risque élevé, l’INCa mentionne aussi la possibilité d’une cartographie photographique numérisée et vidéodermoscopique du corps entier pour rechercher des modifications ou de nouvelles lésions. Ce suivi ciblé n’est pas présenté comme un examen à appliquer à tout salarié exposé. [3]

Une illustration de discussion entre un professionnel et une personne devant un écran d’imagerie.
L’imagerie peut compléter le bilan après confirmation du mélanome ; elle ne constitue pas le premier examen de tous les travailleurs exposés.

L’analyse des tissus apporte une réponse que l’image seule ne donne pas

Lorsqu’un mélanome est suspecté par le dermatologue, la lésion est retirée pour être analysée en laboratoire. L’INCa précise que seul l’examen anatomopathologique des tissus prélevés permet de confirmer le diagnostic de mélanome et d’en déterminer l’épaisseur. On parle d’exérèse diagnostique : retirer la lésion pour pouvoir l’étudier. [3]

Il ne s’agit pas d’opposer un examen moderne à un examen plus simple. Chacun apporte une information différente : le regard clinique repère et caractérise une anomalie ; l’analyse des tissus établit sa nature. Une belle photographie ou une image radiologique ne remplace pas cette confirmation.

Pour le mélanome : observation de la peau, analyse de la lésion retirée, puis imagerie selon la situation, non systématique.
Parcours simplifié du mélanome d’après l’INCa : les examens radiologiques dépendent de la situation.

L’imagerie complète le bilan lorsque la situation le justifie

Après confirmation du mélanome par l’exérèse et l’analyse de la lésion, un bilan complémentaire peut être nécessaire. Des examens radiologiques peuvent alors être prescrits pour préciser la situation et guider la prise en charge. L’Institut national du cancer souligne qu’ils ne sont pas tous systématiques et que leur ordre peut varier d’une personne à l’autre. [3]

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Le Centre Léon Bérard explique de son côté qu’un bilan d’extension, destiné à rechercher une dissémination de la maladie, peut être proposé dans certains cas de cancers cutanés. Il cite notamment le scanner, l’IRM ou parfois le PET-scan. Ces possibilités décrivent des outils du bilan, pas une liste d’examens à demander soi-même après une exposition professionnelle aux UV. [4]

Le parcours détaillé par l’INCa concerne ici le mélanome : les indications ne doivent pas être transférées telles quelles à tous les carcinomes. L’expertise de l’Anses distingue également le mélanome oculaire lié aux UV du soudage. C’est une autre localisation, pour laquelle elle identifie un lien causal spécifique, et non une extension automatique du parcours diagnostique de la peau à l’œil. [1, 3]

Sources et références

[1] Anses, Cancers de la peau : mieux prendre en compte l’exposition professionnelle aux UV, 15 octobre 2026.
https://www.anses.fr/fr/actualite/cancers-peau-mieux-prendre-compte-lexposition-professionnelle-aux-uv

[2] Anses, Avis et rapport d’expertise sur les cancers de la peau en lien avec l’exposition professionnelle aux rayons UV, saisine 2024-SA-0109, version de mars 2026, passages relatifs aux conclusions et recommandations.
https://www.anses.fr/system/files/MALADIESPRO-2024-SA-0109-RA.pdf

[3] Institut national du cancer, Diagnostic d’un mélanome de la peau, mise à jour du 18 novembre 2025.
https://www.cancer.fr/personnes-malades/les-cancers/melanome-de-la-peau/comprendre-le-melanome-de-la-peau/diagnostic-et-bilan-initial

[4] Centre Léon Bérard, Cancers de la peau : diagnostic.
https://www.centreleonberard.fr/patient-proche/cancer-pris-en-charge/cancers-de-la-peau/diagnostic

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