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Les demandes de consultation augmentent dans les centres spécialisés de l’obésité depuis le remboursement encadré de Wegovy et Mounjaro. Dans son enquête du 9 octobre 2026, Le Monde décrit notamment les tensions à Grenoble et à Poitiers. Ce regain d’intérêt pour les traitements pose aussi une question moins visible : que doit-on évaluer avant de décider du parcours de soins ? [1]
La réponse ne tient ni à une pesée isolée ni à une série automatique d’images. Le bilan sert à comprendre les conséquences de l’obésité sur la santé et à choisir les investigations utiles. Une échographie, un bilan sanguin et un échange sur les symptômes n’apportent pas les mêmes informations.
La corpulence est un point de départ, pas un bilan complet
L’indice de masse corporelle, ou IMC, rapporte le poids à la taille. Il intervient dans la définition de la situation pondérale et dans les critères de remboursement. Mais deux personnes ayant le même indice peuvent avoir des maladies associées, une mobilité ou un vécu très différents.
La Haute Autorité de santé recommande une évaluation de la santé globale. Elle associe l’examen clinique, la recherche de complications, l’histoire du poids, les habitudes de vie et les difficultés rencontrées au quotidien. Le projet de soins doit aussi tenir compte du retentissement psychologique, social et fonctionnel, c’est-à-dire de ce que la personne peut faire dans sa vie de tous les jours. [2]
Une consultation peut ainsi explorer un essoufflement, des troubles du sommeil, des douleurs limitant les déplacements ou des difficultés alimentaires. Leur présence n’établit pas une cause unique ; elle aide le médecin à déterminer ce qui mérite d’être approfondi. Le guide prévoit qu’une consultation dédiée puisse être longue ou réalisée en plusieurs fois.
Les examens répondent à des questions différentes
Le guide de la HAS comporte un bilan biologique portant notamment sur la glycémie à jeun, pour examiner la régulation du sucre sanguin, et sur les anomalies lipidiques, qui concernent les graisses circulant dans le sang. D’autres explorations dépendent des signes cliniques et de la situation d’obésité. [2]

Il est utile de distinguer les rôles plutôt que d’empiler des examens supposés « complets » :
- L’entretien et l’examen clinique repèrent les symptômes, les antécédents, les traitements et le retentissement sur la vie quotidienne.
- Les analyses biologiques renseignent sur des paramètres comme la glycémie, les lipides ou certains marqueurs nécessaires à l’évaluation des organes.
- Les explorations complémentaires recherchent une complication précise, selon la question médicale et les recommandations applicables.
Cette démarche ne fait pas du scanner ou de l’IRM un passage obligé avant toute prescription de médicament de l’obésité. À l’inverse, elle ne signifie pas qu’aucune imagerie ne serait pertinente. Le choix dépend de ce que l’on cherche à évaluer, et certaines situations disposent d’un parcours de dépistage spécifique.
Pour le foie, la HAS prévoit une échographie ou des biomarqueurs
Le foie illustre bien cette logique. Une accumulation de graisse dans cet organe, appelée stéatose, peut accompagner l’obésité. Dans son annexe consacrée aux complications, la HAS prévoit, en cas d’IMC d’au moins 30 kg/m², une échographie abdominale ou des biomarqueurs de stéatose. [2]
Ces biomarqueurs ne sont pas une image : il peut s’agir d’un indice combinant des informations telles que la corpulence, le tour de taille et des résultats biologiques. Les deux approches appartiennent au parcours d’évaluation, sans fournir une information identique dans toutes les situations.
Si une stéatose est présente à l’échographie, le guide prévoit ensuite d’évaluer la possibilité d’une fibrose, c’est-à-dire de lésions cicatricielles du foie, à l’aide de scores fondés sur des paramètres biologiques. Selon les résultats, une mesure de l’élasticité du foie ou des tests sanguins plus complexes peuvent être envisagés. L’image montrant une stéatose ne suffit donc pas, à elle seule, à déterminer le stade d’une maladie hépatique. [2]

Un critère de remboursement ne remplace pas la décision médicale
Le remboursement de Wegovy et Mounjaro depuis le 15 juin concerne certaines situations d’obésité sévère, après une prise en charge nutritionnelle insuffisamment efficace. Le ministère distingue les critères cliniques, la qualité du premier prescripteur et le justificatif à présenter en pharmacie. [3]
Ces règles déterminent l’accès à la prise en charge financière ; elles ne transforment pas un IMC en ordonnance automatique. Le bilan sert précisément à discuter du traitement dans l’ensemble des soins, avec les autres maladies, les médicaments déjà pris et les objectifs de la personne.
La continuité compte autant que le point de départ. Le guide de la HAS décrit un suivi régulier et prolongé, centré sur la santé globale et la qualité de vie. Il ne s’agit pas seulement de répéter les mêmes examens à intervalle fixe, mais d’évaluer l’évolution et d’ajuster l’accompagnement. [2]
Lorsqu’une exploration par scanner ou IRM est indiquée pour une question précise, l’accueil matériel fait également partie de la qualité des soins. La HAS demande un environnement et des équipements adaptés à la corpulence et confortables. Cela relève de la préparation de l’examen concerné, sans préjuger des équipements ni des disponibilités d’un établissement particulier. [2]
Sources et références
Sources
[1] Le Monde, Zeliha Chaffin — Médicaments antiobésité : la ruée des patients met le système de soins français en surchauffe, 9 octobre 2026.
https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/10/09/medicaments-antiobesite-la-ruee-des-patients-met-le-systeme-de-soins-francais-en-surchauffe_6790576_3234.html
[2] Haute Autorité de santé — Synthèse du guide du parcours de soins : surpoids et obésité de l’adulte, janvier 2023, mise à jour février 2024.
https://www.has-sante.fr/jcms/p_3409511/fr/synthese-parcours-surpoids-obesite-de-l-adulte
[3] Ministère de la Santé — Médicaments à base d’analogue du GLP-1 indiqués dans le contrôle du poids, questions-réponses.
https://sante.gouv.fr/soins-et-maladies/prises-en-charge-specialisees/obesite/article/medicaments-a-base-d-analogue-du-glp-1-indiques-dans-le-controle-du-poids





