Une fois la biopsie faite, le cancer de l’endomètre est confirmé. Et l’IRM arrive souvent très vite.
Pourquoi refaire des images ? Parce que l’IRM répond à une autre question : jusqu’où la tumeur s’est étendue. On fait le point ensemble.
Cancer de l’endomètre et IRM, un bilan réalisé après la biopsie
Les examens qui précèdent l’IRM
Le parcours commence en général par un examen clinique et une échographie pelvienne. Souvent, elle se fait par voie vaginale. Elle cherche un épaississement ou une anomalie de l’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus.
Pourquoi ces examens ? Certains signes doivent alerter.
- saignements après la ménopause
- saignements entre les règles
- règles inhabituelles
Vous avez donc intérêt à signaler au médecin la date, la durée et l’abondance de ces saignements. Ces détails orientent la suite du bilan.

L’échographie montre une première image de l’utérus. Elle ne suffit pas toujours à identifier l’anomalie. Une biopsie prélève alors un fragment de l’endomètre pour l’analyser.
La biopsie analyse les cellules
La biopsie prélève un petit morceau de tissu dans l’endomètre. Un médecin spécialisé, l’anatomo-pathologiste, regarde ces cellules au microscope. Il cherche une éventuelle maladie cancéreuse.
Cet examen apporte plusieurs informations utiles :
- Le type histologique, c’est-à-dire la famille de cellules à l’origine de la tumeur.
- Le grade, qui indique le degré d’anomalie et d’agressivité des cellules.
- La présence éventuelle de caractéristiques particulières, notamment certaines anomalies moléculaires recherchées sur le tissu.
L’IRM prépare la prise en charge
Une fois le cancer confirmé, l’IRM pelvienne sert surtout à évaluer son extension. Ce bilan se fait avant de choisir le traitement. Elle montre la tumeur dans l’utérus et vérifie si les structures voisines sont touchées.
Le radiologue étudie notamment :
- La taille et la position de la tumeur dans la cavité utérine.
- La profondeur de son extension dans le muscle utérin, appelé myomètre.
- Une éventuelle atteinte du col, des ovaires, des trompes ou des tissus autour de l’utérus.
- L’aspect des ganglions pelviens et lombo-aortiques.
L’IRM mesure l’invasion de la paroi et les extensions locales
La profondeur dans le myomètre
Le myomètre est la couche musculaire située sous l’endomètre. L’IRM cherche à savoir si la tumeur reste dans l’endomètre ou si elle pénètre dans ce muscle.
Le compte rendu distingue en général trois situations :
- Aucune invasion du myomètre, lorsque la tumeur reste limitée à l’endomètre.
- Une invasion superficielle, lorsqu’elle atteint moins de la moitié de l’épaisseur du myomètre.
- Une invasion profonde, lorsqu’elle atteint au moins la moitié de cette épaisseur.
Pour mesurer ça, le radiologue regarde des images coupées perpendiculairement à la cavité utérine. Il compare plusieurs séquences : l’anatomie, la diffusion et les images après injection. Ça l’aide à voir où s’arrête la tumeur et où commence le muscle.
Le col de l’utérus
L’IRM cherche si la tumeur s’étend vers le col, la partie basse de l’utérus qui relie le corps au vagin. Elle fait la différence entre une tumeur qui descend simplement dans le canal cervical et une tumeur qui envahit vraiment le tissu du col.
Les annexes
L’IRM regarde aussi les annexes, c’est-à-dire surtout les ovaires et les trompes. Si un de ces organes est anormal, cela peut être une lésion à part, une extension du cancer ou une autre cause.
La vessie et l’intestin
Si l’on craint une atteinte de la muqueuse de la vessie ou de l’intestin, un examen complémentaire peut être nécessaire. L’IRM ne remplace pas toujours une exploration par endoscopie.
Les ganglions pelviens
Les ganglions sont de petits relais du système lymphatique.
Dans un cancer de l’endomètre, le radiologue recherche :
- des ganglions augmentés de volume ;
- des ganglions nombreux ;
- des ganglions irréguliers ;
- des ganglions au signal inhabituel.
L’IRM peut donc repérer des signes qui rendent un ganglion suspect. Mais elle ne voit pas toutes les micrométastases. Ce sont de petits groupes de cellules cancéreuses, parfois logés dans un ganglion de taille tout à fait normale.
L’aspect d’un ganglion à l’IRM ne suffit pas toujours à dire s’il est touché. Pendant l’intervention, l’analyse d’un ganglion prélevé peut donner une réponse plus précise.
Échographie, biopsie et IRM répondent à des questions différentes
L’échographie repère une anomalie
L’échographie pelvienne utilise des ultrasons pour produire des images de l’utérus et des ovaires. Elle mesure l’épaisseur de l’endomètre. Vous pouvez y voir une masse, un polype ou une autre anomalie.
Elle est rapide, non irradiante et souvent utilisée au début du bilan. Si elle montre une anomalie ou si les symptômes persistent, votre médecin peut demander une biopsie et une IRM.
La biopsie analyse les cellules
La biopsie ne donne pas une carte complète de la maladie. Elle répond à une question essentielle :
- Quelles cellules se trouvent dans le prélèvement ?
- Ces cellules présentent-elles des caractéristiques cancéreuses ?
Elle peut préciser le type de cancer, son grade et certains marqueurs utiles au choix du traitement. Ces informations ne sont pas visibles sur les images d’une échographie ou d’une IRM.

L’IRM cartographie l’extension
L’IRM répond à une autre question : jusqu’où la tumeur s’est-elle étendue dans l’utérus et autour de lui ? Elle fournit des images en coupes et dans plusieurs plans, sans rayons X.
Elle permet de décrire :
- La localisation et la taille de la tumeur.
- La profondeur de l’invasion du myomètre.
- L’atteinte éventuelle du col et des tissus voisins.
- L’aspect des ovaires, des trompes, du péritoine et des ganglions.
L’épaisseur de l’endomètre ne suffit pas pour diagnostiquer un cancer
Le seuil après la ménopause

Après la ménopause, une échographie transvaginale mesure l’épaisseur de l’endomètre, surtout en cas de saignement. Une épaisseur inférieure ou égale à 4 millimètres rend un cancer peu probable, sans toutefois l’écarter si les saignements persistent ou reviennent. Dans ce contexte précis, c’est un signal rassurant.
Ce seuil ne suffit pas à lui seul pour poser un diagnostic. Un endomètre épais peut correspondre à :
- un polype ;
- une hyperplasie (une augmentation anormale du tissu) ;
- une autre situation bénigne.
Le médecin tient compte des symptômes, des facteurs de risque et de la qualité des images, et cela change l’interprétation :
- Endomètre fin, mais saignements persistants ou qui reviennent : le cancer n’est pas écarté, et une analyse histologique reste nécessaire.
- Endomètre épais découvert par hasard chez une femme ménopausée qui ne saigne pas : il ne se juge pas de la même façon qu’en cas de saignement.
L’histologie tranche la question
L’histologie, c’est l’étude des tissus au microscope. Elle permet de confirmer la présence d’un cancer dans un prélèvement de l’endomètre.
L’analyse précise aussi trois éléments :
- la nature de la tumeur ;
- son grade ;
- parfois son profil moléculaire.
Ces éléments peuvent modifier l’évaluation du risque. Cela vaut même lorsque l’IRM montre une tumeur limitée à l’utérus.
Ne considérez pas une mesure d’épaisseur comme un résultat définitif. Une valeur chiffrée oriente le bilan, mais elle ne remplace ni la biopsie ni l’avis du gynécologue.
L’IRM couvre le pelvis et les ganglions lombo-aortiques
Une exploration qui remonte vers les reins
Le pelvis, c’est la partie basse de l’abdomen. Vous y trouvez l’utérus, la vessie, le rectum et les ganglions pelviens. L’IRM examine cette zone en détail.

Le bilan peut aussi remonter jusqu’aux ganglions lombo-aortiques. Ils sont situés le long de l’aorte abdominale, parfois jusqu’à la hauteur des reins. Cette zone complète l’étude du drainage lymphatique de l’utérus.
Le radiologue recherche notamment :
- des ganglions augmentés de volume ou d’aspect inhabituel
- une extension vers les ovaires ou les trompes
- une atteinte du péritoine, la fine membrane qui tapisse l’intérieur de l’abdomen
- une anomalie de la vessie, du rectum ou des tissus situés entre ces organes
Les examens qui complètent l’IRM
Si l’IRM fait soupçonner une atteinte de la vessie ou de l’intestin, un examen complémentaire peut être nécessaire. L’IRM ne remplace pas toujours une exploration par endoscopie.
Le compte rendu d’IRM décrit les éléments utiles avant traitement
Les informations attendues
Le compte rendu indique où se situe la tumeur et quelle est sa taille. Il précise aussi jusqu’où elle atteint la paroi de l’utérus.
Vous y verrez peut-être le mot « invasion ». Il désigne la pénétration de la tumeur dans un tissu. Vous pourrez aussi y lire « col utérin », c’est-à-dire la partie basse de l’utérus.
Le radiologue indique en général si l’invasion du myomètre paraît absente, superficielle ou profonde. Il signale aussi une atteinte éventuelle :
- du col
- des annexes
- du péritoine
- des organes voisins
Ce que l’IRM ne peut pas déterminer seule
L’IRM a des limites précises :
- Elle ne confirme pas seule qu’une image correspond à un cancer : une tumeur, un polype, un caillot ou une autre anomalie peuvent présenter des aspects proches.
- Une image rassurante ne suffit pas toujours à écarter une extension minime.
- Un ganglion suspect à l’IRM n’est pas automatiquement envahi par la maladie.
Le stade final repose donc sur plusieurs données. Vous avez l’examen clinique, la biopsie et l’imagerie. Si la chirurgie a lieu, l’analyse de la pièce opératoire vient compléter le tout.
Déroulement de l’IRM, préparation et injection
Pendant l’examen

Vous êtes allongée sur le dos, sur une table qui glisse dans le tunnel de l’appareil.
Quelques points méritent d’être connus à l’avance :
- Communication : l’équipe vous voit et vous entend grâce à un micro, et vous gardez en général une sonnette dans la main. Prévenez l’équipe si vous êtes claustrophobe ou très anxieuse.
- Durée : l’examen dure souvent entre 15 et 30 minutes dans la salle d’IRM.
- Immobilité : un mouvement peut rendre les images floues et obliger l’équipe à refaire une séquence.
- Bruit : l’appareil produit des bruits répétitifs et assez forts ; des protections auditives vous sont proposées.
- Sécurité : l’IRM n’utilise pas de rayons X. Elle repose sur un champ magnétique et des ondes de radiofréquence, ce qui impose de signaler certains implants ou fragments métalliques.
Les consignes avant l’examen
Avant le rendez-vous, signalez tout stimulateur cardiaque, valve, prothèse, implant ou éclat métallique. Indiquez aussi si vous êtes peut-être enceinte, si vous allaitez ou si vous avez une maladie rénale.
Le jour de l’examen, prévoyez :
- la demande du médecin et les documents médicaux utiles
- vos anciennes échographies, IRM ou scanners, pour permettre une comparaison
- la liste de vos médicaments et vos résultats biologiques si l’équipe les demande
- des vêtements sans éléments métalliques, selon les consignes du centre
Le jeûne, la vessie ou la préparation du rectum peuvent varier selon le protocole. Suivez donc les consignes du centre où vous passez l’examen, plutôt qu’une règle générale trouvée ailleurs.
L’injection de produit de contraste
Pour le bilan d’un cancer de l’endomètre, l’IRM se fait en général avec une injection de gadolinium. C’est un produit de contraste donné dans une veine. Il aide à mieux distinguer la tumeur du muscle utérin.
Le protocole peut aussi inclure des séquences sans injection, des images de diffusion et plusieurs acquisitions après injection. Le radiologue choisit la combinaison la plus utile pour répondre à la question posée.
Avant l’injection, l’équipe vérifie :
- vos antécédents
- vos éventuelles réactions à un produit de contraste, sachant qu’une réaction allergique importante reste exceptionnelle
- votre fonction rénale, lorsque c’est nécessaire
Au point de piqûre, vous pouvez sentir une douleur. Un petit hématome peut aussi apparaître.
Attention : prévenez tout de suite si vous avez une douleur forte, une brûlure ou un gonflement au niveau de la perfusion.
L’IRM estime l’extension, les tissus confirment le stade
L’image et le microscope n’ont pas le même rôle
L’IRM décrit l’anatomie : elle montre la tumeur, sa profondeur et ses rapports avec les organes voisins. L’anatomopathologie décrit les cellules : elle identifie leur type, leur grade et certaines caractéristiques biologiques.
La classification FIGO 2023 intègre davantage de données histologiques et moléculaires. L’IRM décrit l’anatomie et l’extension de la tumeur, mais ne fournit pas ces données sur les cellules.
La pièce opératoire complète le bilan
Lorsque la chirurgie est réalisée, l’utérus, le col, les trompes, les ovaires et les éventuels ganglions prélevés sont envoyés au laboratoire. Leur analyse permet d’examiner la maladie dans son ensemble.
Le pathologiste peut alors vérifier :
- la profondeur réelle de l’invasion
- l’atteinte de la surface de l’utérus, des annexes ou des ganglions
- la présence d’une invasion lymphovasculaire, c’est-à-dire de cellules tumorales dans de petits vaisseaux
L’équipe médicale rassemble ensuite le compte rendu d’IRM, les résultats de la biopsie et l’analyse chirurgicale pour définir la suite des soins, lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire.

Lorsque le compte rendu arrive, demandez à votre gynécologue de vous expliquer les termes techniques, notamment la profondeur de l’invasion et l’aspect des ganglions. C’est ce qui vous permet de suivre la suite des soins en connaissance de cause.





